10.05.2009
La Parlotte de Marianne
A découvrir le week end prochain
LA PARLOTTE DE MARIANNE 16 ET 17 MAI 2009 INVITATION.pdf
La parlotte de Marianne" : un dictionnaire historique de l'argot politique Des "affreux" aux "zozos", l'historien Bruno Fuligni recense dans "La parlotte de Marianne" (Horay) le meilleur de l'argot politique qui prolifère depuis la Révolution française. Et l'époque actuelle est riche en "pipolisation", "ségolisme" et autres "bling-bling".
La politique ne produit pas seulement des discours, elle crée aussi ses propres mots et expressions, moqueuses, techniques ou infamantes, qui font le jargon du métier.
Un argot que le citoyen doit connaître pour tout savoir sur "le cagibi des belles madames" et comprendre ce que mijotent les "bédouins".
"La force de ces expressions, c'est qu'un ou deux petits mots, souvent assez malicieux, condensent beaucoup de choses", explique Bruno Fuligni, auteur de plusieurs ouvrages sur les singularités politiques.
En 1.000 mots, l'ouvrage se présente comme un petit dictionnaire du vocabulaire politique depuis la naissance des institutions démocratiques. Cela commence en 1789 avec l'apparition du "côté droit" et du "côté gauche" et procède par à-coups en fonction des périodes de tension.
"On a des feux d'artifice. La Révolution invente la droite et la gauche. De même, les années qui précèdent et suivent 1848 et l'apparition du suffrage universel sont particulièrement prolifiques", souligne Bruno Fuligni.
Les politiques eux-mêmes inspirent leur propre jargon. La "Sarkozye", les "jupettes", la "balladurette", sont bâties sur ce principe, comme les "guesdos" qui désignaient au début du XXe siècle les partisans de Jules Guesde.
Le bestiaire est également fourni. Les "éléphants" du PS y côtoient le "mammouth" de l'Education nationale, les "caméléons" qui changent de couleurs comme de convictions ou les "taupes" qui infiltrent partis et organisations.
Très répandu également, le suffixe en "ard" est typique des mots infamants. Avec les "combinards", les "chéquards", les "capitulards", les "cumulards"... Mais il arrive aussi que les personnes ainsi désignées par leurs adversaires s'approprient le vocable, comme les "dreyfusards" ou les "communards".
Certaines expressions s'installent dans le paysage : le "château", la "gauche caviar" ou les "crânes d'oeuf" (pour désigner les énarques). D'autres, comme les "nonistes" ou la "mitterrandie", n'ont vécu qu'une saison. Et le fameux "cagibi des belles madames", où patientaient les épouses, amies et maîtresses à la Chambre des députés, n'est plus qu'une référence historique.
Le quinquennat Sarkozy est fertile en néologismes. "Ca doit nous inquiéter parce qu'il y a depuis trois ans une production intense de néologismes politiques : Sarkoland, le bling-bling... Il y a une production qui montre qu'on est dans une période d'effervescence politique", note Bruno Fuligni.
Les mots-valises, comme l'"omni-présidence", l'"égo-présidence", fleurissent et la presse n'hésite plus à populariser des mots de conversations de couloirs.
Au terme de ses recherches, l'auteur garde sa confiance dans les jargonneurs de la politique : "Il n'y a pas de volonté d'obscurité, de ne pas être compris des électeurs. Ce sont simplement des raccourcis pour gagner du temps. Et si on s'intéresse à la politique, il faut connaître les mots de la politique".
08:13 Publié dans 15ème, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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