03.10.2009
Un article de Jean-François LAMOUR
Réchauffement climatique, raréfaction des énergies fossiles, envolée des prix des carburants, santé publique : autant de facteurs qui font de la voierie urbaine un enjeu majeur d’une économie durable. En effet, la voierie urbaine est à la croisée de domaines stratégiques : l’environnement, l’économie avec notamment l’importance du transport des personnes et des marchandises, et le social avec la nécessaire intégration de tous à la vie citadine et économique.
Afin de faire face à ces nouveaux défis, des politiques volontaristes en matière de transports en commun ont été mises en place dans les grands centres urbains.
Avec parfois certaines pratiques outrancières. Ainsi, sous la première mandature de Bertrand Delanoë, entre 2001 et 2008, l’automobile est en quelque sorte devenue « persona non grata », victime d’une condamnation radicale et péremptoire : suppression de 11.000 places de stationnement de surface depuis 2001, sans la moindre création de places en souterrain, multiplication irraisonnée des couloirs de bus, modification du sens de circulation des voies, apparition des embouteillages de nuit, forêts de potelets sur les trottoirs, etc.
La facture est salée pour les Parisiens : 1,5 milliards d’euros pour les budgets consacrés à l’aménagement d’espaces publics. Des dépenses absolument pharamineuses pour des réalisations souvent très décevantes.
Le boulevard Magenta dans le 10e arrondissement en est une parfaite illustration : travaux dantesques ayant paralysé le nord de la capitale pendant plusieurs mois, suppression de deux voies de circulation, pour aboutir à la persistance des embouteillages.
Le boulevard Saint-Marcel constitue un autre exemple particulièrement révélateur avec ses voies de bus en sens contraire, des traversées compliquées et dangereuses pour les piétons, des embouteillages.
Toutes ces réalisations coûteuses sont autant d’échecs qui ont pénalisé la population parisienne, entravée dans ses déplacements et victime d’un stress supplémentaire au quotidien. Bien loin de fluidifier les déplacements dans la capitale, et de permettre aux Parisiens de s’approprier pleinement leur espace de vie, la politique de Bertrand Delanoë en matière de voierie a conduit à une véritable asphyxie de certains quartiers parisiens, allant à l’encontre de toute logique de développement durable.
Aujourd’hui le maire de Paris affiche sa volonté de mettre en place Autolib’ pour le quatrième trimestre 2010. Ce projet de location de véhicules propres en libre service, sur le principe du Vélib’, regroupe Paris et une vingtaine de communes limitrophes.
Le grand mérite d’Autolib’ est de projeter Paris dans l’avenir avec une conception radicalement novatrice de l’usage de l’automobile : de la voiture, objet patrimonial et de consommation, on bascule dans une conception strictement utilitaire et complémentaire avec d’autres moyens de transports collectifs. Mais la réussite de ce projet est conditionnée par la mise en place d’un maillage important tant en surface qu’en souterrain : 700 stations sont envisagées à Paris. Comment concevoir aujourd’hui la construction d’autant de stations dans un Paris rendu étriqué par une gestion tâtonnante de la voierie ?
Bertrand Delanoë est pris au piège des errements de son équipe entre 2001 et 2008 : à trop vouloir bannir la voiture du paysage urbain, le maire de Paris a délaissé la possibilité d’inventer un nouvel usage de l’automobile, respectueux de l’environnement, et a mutilé des pans entiers de la capitale. Le voilà aujourd’hui bien embarrassé pour réaliser efficacement un projet de l’envergure d’Autolib’.
D’autant que l’incohérence continue d’être à l’œuvre en matière de voierie urbaine. D’un côté, Bertrand Delanoë annonce que, d’ici à la fin de son mandat, une partie des voies sur berges sera piétonnisée. De l’autre, Annick Lepetit, son adjointe chargée des transports, persiste dans un réaménagement désastreux de la place de la République avec la neutralisation des deux traversées centrales, contraignant les automobilistes à circuler uniquement autour de la place – projet dangereux pour les conducteurs et les piétons, projet polluant car générateur d’embouteillages et de nuisances sonores, projet voué à défigurer une place emblématique de la capitale.
Devant pareille cacophonie en matière de gestion des déplacements urbains à Paris, nous ne pouvons qu’espérer que le Grand Paris, voulu par le président de la République, et son très ambitieux plan transports insuffleront à la capitale un vent d’innovation et d’audace au service de la qualité de vie des Parisiens, d’une réappropriation harmonieuse de Paris par ses habitants et d’un développement économique et durable.
Jean-François Lamour
Président du groupe UMP au Conseil de Paris et député de Paris
Afin de faire face à ces nouveaux défis, des politiques volontaristes en matière de transports en commun ont été mises en place dans les grands centres urbains.
Avec parfois certaines pratiques outrancières. Ainsi, sous la première mandature de Bertrand Delanoë, entre 2001 et 2008, l’automobile est en quelque sorte devenue « persona non grata », victime d’une condamnation radicale et péremptoire : suppression de 11.000 places de stationnement de surface depuis 2001, sans la moindre création de places en souterrain, multiplication irraisonnée des couloirs de bus, modification du sens de circulation des voies, apparition des embouteillages de nuit, forêts de potelets sur les trottoirs, etc.
La facture est salée pour les Parisiens : 1,5 milliards d’euros pour les budgets consacrés à l’aménagement d’espaces publics. Des dépenses absolument pharamineuses pour des réalisations souvent très décevantes.
Le boulevard Magenta dans le 10e arrondissement en est une parfaite illustration : travaux dantesques ayant paralysé le nord de la capitale pendant plusieurs mois, suppression de deux voies de circulation, pour aboutir à la persistance des embouteillages.
Le boulevard Saint-Marcel constitue un autre exemple particulièrement révélateur avec ses voies de bus en sens contraire, des traversées compliquées et dangereuses pour les piétons, des embouteillages.
Toutes ces réalisations coûteuses sont autant d’échecs qui ont pénalisé la population parisienne, entravée dans ses déplacements et victime d’un stress supplémentaire au quotidien. Bien loin de fluidifier les déplacements dans la capitale, et de permettre aux Parisiens de s’approprier pleinement leur espace de vie, la politique de Bertrand Delanoë en matière de voierie a conduit à une véritable asphyxie de certains quartiers parisiens, allant à l’encontre de toute logique de développement durable.
Aujourd’hui le maire de Paris affiche sa volonté de mettre en place Autolib’ pour le quatrième trimestre 2010. Ce projet de location de véhicules propres en libre service, sur le principe du Vélib’, regroupe Paris et une vingtaine de communes limitrophes.
Le grand mérite d’Autolib’ est de projeter Paris dans l’avenir avec une conception radicalement novatrice de l’usage de l’automobile : de la voiture, objet patrimonial et de consommation, on bascule dans une conception strictement utilitaire et complémentaire avec d’autres moyens de transports collectifs. Mais la réussite de ce projet est conditionnée par la mise en place d’un maillage important tant en surface qu’en souterrain : 700 stations sont envisagées à Paris. Comment concevoir aujourd’hui la construction d’autant de stations dans un Paris rendu étriqué par une gestion tâtonnante de la voierie ?
Bertrand Delanoë est pris au piège des errements de son équipe entre 2001 et 2008 : à trop vouloir bannir la voiture du paysage urbain, le maire de Paris a délaissé la possibilité d’inventer un nouvel usage de l’automobile, respectueux de l’environnement, et a mutilé des pans entiers de la capitale. Le voilà aujourd’hui bien embarrassé pour réaliser efficacement un projet de l’envergure d’Autolib’.
D’autant que l’incohérence continue d’être à l’œuvre en matière de voierie urbaine. D’un côté, Bertrand Delanoë annonce que, d’ici à la fin de son mandat, une partie des voies sur berges sera piétonnisée. De l’autre, Annick Lepetit, son adjointe chargée des transports, persiste dans un réaménagement désastreux de la place de la République avec la neutralisation des deux traversées centrales, contraignant les automobilistes à circuler uniquement autour de la place – projet dangereux pour les conducteurs et les piétons, projet polluant car générateur d’embouteillages et de nuisances sonores, projet voué à défigurer une place emblématique de la capitale.
Devant pareille cacophonie en matière de gestion des déplacements urbains à Paris, nous ne pouvons qu’espérer que le Grand Paris, voulu par le président de la République, et son très ambitieux plan transports insuffleront à la capitale un vent d’innovation et d’audace au service de la qualité de vie des Parisiens, d’une réappropriation harmonieuse de Paris par ses habitants et d’un développement économique et durable.
Jean-François Lamour
Président du groupe UMP au Conseil de Paris et député de Paris
09:53 Publié dans Politique Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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