14.10.2009
Nous avons peur de notre justice
C’est ce qui ressort d’enquêtes et qui était au menu d’une émission intéressante hier soir.
Trop lente, parfois inhumaine, incapable de reconnaître ses erreurs, décisions parfois incompréhensibles pour le justiciable, accusés ou victimes et parfois en décalage totale avec la réalité, peines non exécutées, corporatisme poussé à l’extrême,…. et la décision de la justice de retirer la nationalité française à deux anciens soldats français, qui ont défendu nos couleurs mais ont eu le taord de naitre au Sénégal, montrent bien que l'on marche sur la tête.
Bref, c’est la justice en entier qui est accusée.
Les affaires récentes ont accentué ce malaise bien réel mais le refus de bouger, le refus de changer, le corporatisme par-dessus tout ne risque pas de faire évoluer la situation.
A la décharge des tribunaux et des magistrats, la justice française manquent cruellement de moyens. Locaux, personnels, et matériels manquent dans tous les tribunaux.
Il faut un vrai plan blanc pour la justice car paradoxalement les français ont encore plus qu’hier envie de justice et se tourne de plus en plus vers elle.
Il faut aussi que les juges s’ouvrent l’esprit et utilisent plus les peines alternatives et les inscrivent dans les jugements.
Un exemple simple ; sur les occupations illégales des halls, au lieu de condamner à une amende qui ne sera jamais payer ou à de la prison avec sursis, pourquoi ne pas condamner à repeindre ces halls d’immeubles souvent dégradés, ou aider à réparer les digicodes et autres portes abimées.
Des exemples comme celui là sont nombreux.
Le point le plus important c’est aussi le délai entre le début d’une affaire et le jugement. Sans vouloir d’une justice express, il n’est pas admissible d’attendre deux, trois ans, voire plus pour être jugé.
D’abord parce qu’entre temps la victime peut voir son agresseur dehors et être encore plus troublée, mais aussi pour le mis en cause qui peut être innocent et qui n’a pas à supporter une accusation aussi longtemps.
Ensuite, parce que les témoins ont forcément plus de mal à dire ce qu’ils ont vu. Qui se souvient concrètement ce qui s’est passé 3 ans avant, tel jours, tel heure. Un bon avocat peu donc retourner un témoignage même si le procès verbal d’audition est sensé reprendre rapidement les faits.
Enfin, avec cette lenteur, les appels et autres recours, un mis en cause peut être reconnu réellement coupable ou définitivement accusé 10 ans après les faits. Une décennie sur une vie cela est très long, encore plus quant une détention provisoire de trois ans a été faite et que l’on est innocent.
C’est bien tout le système qu’il faut revoir et le travail sera long.
Mais rien ne sera possible si les juges continuent à réagir comme ils le font.
L’affaire d’Outreau en est le pire exemple, avec seulement le juge d’instruction réprimandé par le CSM, alors qu’il a brisé des vies, rien pour le juge des libertés, rien pour le parquet et le procureur de Boulogne sur mer, rien pour le premier Président de la cour d’assise qui a orienté les débats durant le procès.
Mais c’est aussi dans les tribunaux correctionnels qu’il y a le plus de travail car c’est bien là que se juge les plus nombreuses affaires.
Alors mesdames, messieurs les magistrats, c’est aussi à vous de jouer
08:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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